Lorsque les Maraudeurs deviennent

plus qu’un simple mythe

 

Chapitre 26 : Sortie à Pré-au-Lard.

 

Le mois de février était arrivé, amenant avec lui un temps plus doux au plus grand soulagements des élèves et des professeurs. Aucun d’eux n’avait été épargné par le froid mordant et tous avaient eut droit à un bon rhume… ce qui n’avait, d’ailleurs pas vraiment arrangé la compréhension des élèves durant les cours de Défense Contre les Forces du Mal. Surtout que le professeur semblait être prit d’un rhume plus que carabiné et étrangement persistant, qui ne semblait pas aller en s’arrangeant…, malgré les potions de Madame Pomfresh…

 

Ce vendredi là, le professeur Van der Break, le nez rougi et le bas du visage disparaissant dans l’écharpe qu’il portait en permanence autour du cou, dictait aux élèves les meilleures façons de combattre des Chimères.

 

Harry sourit en observant les expressions déboussolées de la grande majorité des élèves qui s’efforçaient de décrypter les baragouinages du professeur. Mais le fait que lui-même parvienne à déchiffrer relativement bien ce que disait l’enseignant pouvait se résumer en un mot : Lily. La jeune fille avait, en effet, dès le premier cours de Défense Contre les Forces du Mal, soumis sa plume, ainsi que celles d’Elsa et d’Amy à un sortilège de traduction…, de sorte que la plume transposait d’elle-même, sur le parchemin, ce que disait le professeur… Ayant gagné son amitié, Harry, puis les Maraudeurs, avaient également pu tirer bénéfice de cette idée, contrairement aux autres élèves.

 

«…Et z’est bourguoi, bêbe zi la balédigzion gui rebozait… » [sdt : Et c’est pourquoi, même si la malédiction qui reposait…]

 

                  La cloche libératrice sonna, au grand soulagement des élèves.

 

«- Bour Lunti, che foutrais gue fous reliziez ze cours… ! Berzi te fodre addenzion ! conclut, en haussant tant bien que mal la voix, le professeur, s’efforçant de dominer le brouhaha caractéristique qui ponctuait la fin du cours, alors que tous les élèves se hâtaient de ranger leurs affaires pour quitter rapidement les lieux. [sdt : Pour lundi, je voudrais que vous relisiez ce cours… ! Merci de votre attention !]

 

             - ENFIN LE WEEK-END !!! s’écria Sirius en déboulant dans le couloir.

 

 - Sirius, voyons, un peu de tenue ! se moqua James en souriant, un bras passé autour de la taille de sa petite-amie qui affichait la même expression, en s’engageant à leur tour dans le couloir, suivit par Remus, Harry, Peter, Elsa et Amy.

 

 - La honte ne tue pas ! soupira Amy, en secouant la tête d’un air exaspéré, alors que Sirius bondissait de part et d’autre du couloir, dispersant la foule des élèves qui se hâtaient de s’écarter de “ce cinglé” qui continuait, en tout insouciance, ses cabrioles.

 

                       - Mais le tort tue… ! intervint philosophiquement Remus.

 

 - Il paraît… ! concéda Amy. Mais quelle honte… ! » gémit-elle se cachant le visage dans les mains, alors que Sirius exécutait quelque chose qui ressemblait vaguement à un salto arrière.

 

Mais, maîtrisant mal sa figure, il s’écrasa contre une des armures qui étaient disposées dans le couloir et qui s’effondra dans un grand bruit, sous les rires des élèves présents.

 

                 «- Ouille, ça doit faire mal ça… ! commenta James en grimaçant.

 

                  - On devrait peut-être aller voir comment il va ? suggéra Elsa.

 

    - Sans moi… ! répliqua Amy. Je ne m’approche pas de cette catastrophe ambulante ! »

 

Mais Elsa la tirait déjà par le bras à la suite des autres… Ils se frayèrent un passage, tant bien que mal, à travers la foule hilare qui s’était amassée sur les lieux de “l’accident”…, pour découvrir un Sirius quelque peu embêté, le heaume de l’armure sur la tête.

 

«- Sirius, ça va ? s’enquit James, tant bien que mal, s’efforçant de rester sérieux, en s’accroupissant près de son ami.

 

 - James… ? Je ne te vois pas… ! Qui a éteint la lumière ? » répliqua la voix étouffée de son ami.

 

       James, n’y tenant plus, éclata de rire, et releva d’une main la visière du casque.

 

                               «- C’est mieux comme ça, non ? lança-t-il.

 

                            - Ah oui, en effet… ! confirma Sirius. Mais… ! »

 

Un miaulement strident retentit soudain, l’interrompant, alors que les élèves s’écartaient brusquement, révélant aux Maraudeurs, la présence du chat le plus détesté de l’école…, celui de Rusard…

 

                            « Oh, oh, problème en vue… ! » commenta Elsa.

 

James ne se le fit pas dire deux fois… Avec l’aide de Remus, attrapant tous les deux Sirius par une main, ils le remirent debout alors que Lily reconstituait l’armure d’un sort… ou du moins…

 

«- Sirius, ça serait trop te demander de remettre ce casque à sa place… ? intervint brutalement Amy, alors que tout le monde fixait l’armure “décapitée”.

 

                                - Hein ? s’étonna Sirius. Quel casque… ?

 

                          - Celui que tu as sur la tête, idiot ! » se moqua Elsa.

 

Semblant avoir enfin pris conscience de ce détail, il se décida à enlever le casque de sa tête (non sans mal) et le reposer à sa place.

 

« Ne restons pas ici ! » conclut Remus, alors que les autres spectateurs s’étaient déjà dispersés à l’arrivée du chat.

 

Le petit groupe se hâta de battre en retraite…, croisant le concierge au détour du couloir.

 

« Oh, bonjour, Mr Rusard… ! lança joyeusement Sirius. Où donc allez-vous de ce pas si alerte ? » ajouta-t-il innocemment.

 

Le concierge ne prit pas même la peine de répondre et continua sur sa lancée, alors que, incapables de se contenir plus longtemps, Harry, James et Elsa éclataient de rire et que les autres se contentaient d’un petit sourire (même Amy).

 

* * * * *

 

L’après-midi s’était tranquillement écoulé, l’épisode de l’armure s’étant propagé, dans ce laps de temps, comme une traînée de poudre parmi la quasi-totalité des élèves. En fait, Sirius avait même passé une partie de l’après-midi à exagérer l’incident dont il avait été victime. Et, effectivement, il s’attelait encore à cette tâche, au plus grand bonheur des élèves de première année qui l’entouraient, au beau milieu de la Salle Commune.

 

Harry sourit en observant les grands gestes que faisait le Maraudeur, visiblement ravi d’être le centre de l’attention générale, puis jeta un regard autour de lui. Les filles avaient disparues il ne savait trop où, probablement dans leur dortoir, Remus, assis près de la cheminée, essayait de déchiffrer le contenu d’un épais grimoire, à côté de Peter qui fixait pensivement le feu, alors que James observait le petit numéro de son meilleur ami en souriant, les bras croisés, adossé négligemment au fauteuil dans lequel se trouvait Harry.

 

«- Il faut toujours qu’il en fasse plus que nécessaire ! observa-t-il en secouant la tête d’un air amusé.

 

 - Je vois ça… ! commenta Harry, sans se départir de son sourire. Au moins, il n’a pas honte de lui… !

 

 - Le jour où Sirius aura honte de ses bêtises, les Veracrasses auront des dents… ! plaisanta James.

 

                                            - JAAAAAMES !!!!! »

 

Tout le monde sursauta à ce cri soudain et tous, se désintéressant de Sirius ou de leurs occupations premières, se tournèrent vers l’escalier des dortoirs des filles, pour voir surgir dans la Salle Commune une Lily plus qu’effarée.

 

         « Lily, mais qu’est-ce qui… ? » s’inquiéta James.

 

Pour toute réponse, elle le prit par le bras et repartit aussitôt vers l’escalier, entraînant, à sa suite, l’adolescent plus que décontenancé.

 

« Tu verras ça par toi-même ! » l’interrompit-elle précipitamment, sous le regard stupéfait des autres Gryffondor.

 

Quelques murmures s’élevèrent dans la pièce dès que les deux Préfets-en-Chef eurent disparus de leur vue et déjà, les plus jeunes suppliaient Sirius de continuer son “histoire”, alors que Harry s’étant levé à la soudain irruption de Lily, rejoignait Remus, qui avait cessé de lire et fixait à présent l’escalier où le couple avait disparu, visiblement décontenancé, et Peter qui, passé le premier moment de surprise, était repartit dans ses profondes réflexions.

 

«- Et bien, je me demande ce qui a pu se passer pour mettre Lily dans cet état… ! intervint Harry.

 

 - Je pense qu’on ne va pas tarder à le savoir… ! répondit le lycanthrope. Ca ne lui ressemble pas de provoquer un tel émoi… ! »

 

* * * * *

 

Dix minutes s’étaient écoulées, l’incident étant visiblement clos et chacun était repartit à ses occupations.

 

«- Décidément, je te trouve bien silencieux en ce moment, Peter… ! commenta Remus, en relevant brièvement les yeux de son livre dans lequel il s’était replongé.

 

 - Hein ? Oh, je réfléchissais, c’est tout… ! D’ailleurs, ça me fait penser qu’il faut que j’aille voir un truc à la Bibliothèque… ! répondit l’intéressé, faisant tressaillir Harry.

 

                   - A cette heure là ? s’étonna Sirius qui arrivait à cet instant.

 

 - Oui…, je…j’ai oublié de chercher un truc…pour le devoir de Botanique… et, il faut que j’y ailles ! prétexta le rat en se levant.

 

 - Mais, le dîner est dans une heure ! insista Sirius, surpris, tout en prenant la place ainsi désertée par le quatrième Maraudeur.

 

 - Ah euh…, je vous retrouverai à la Grande Salle, alors… ! Et puis, je n’ai pas trop faim ce soir… ! »

 

Harry, mû par un mauvais pressentiment, vit Remus et Sirius échanger un regard surpris.

 

            « Toi, Peter, tu n’as pas faim ? » s’enquit Sirius, visiblement incrédule.

 

                          Peter haussa les épaules et se hâta vers la sortie.

 

« Il n’y a pas à dire, il est vraiment bizarre en ce moment ! » marmonna Sirius, alors que Remus acquiesçait silencieusement.

 

Harry, quand à lui, se doutait que le fait de se rendre à la Bibliothèque n’était qu’un prétexte pour…une réunion… ! Il envisageait de suivre Queudver, mais des bruits sourds et des éclats de voix résonnèrent dans l’escalier menant, encore une fois, aux dortoirs des filles, attirant une nouvelle fois l’attention des élèves dans cette direction… Juste à temps pour voir deux garçons de cinquième année dévaler, tant bien que mal, les marches en sautant à pieds joints, avant de s’étaler lourdement (provoquant l’hilarité des autres élèves) dans la Salle Commune, sous le regard satisfait d’Elsa et Amy qui, baguette à la main, les avaient suivis de près.

 

« Et que ça vous serve de leçon… ! lâcha sévèrement Amy. Qu’on ne vous y reprenne plus à vouloir écouter aux portes… ! »

 

Sur ce, elles repartirent dans les escaliers, alors que les camarades des deux victimes les aidaient, malgré leur fou rire, à se remettre debout. Ces deux derniers furent rapidement encerclé par les autres élèves, pour savoir ce qui s’était passé.

 

« On a voulu en savoir plus… ! expliqua l’un d’eux, un garçon de quatrième année, quelque peu gêné. Mais ces deux cinglées étaient postées à la porte… ! Elle nous ont lancés un sortilège du saucisson et… ! »

 

Les autres, y comprit Harry (qui avait, du coup, complètement oublié Peter), Remus et Sirius, éclatèrent de rire.

 

«- Et bien, on dirait que c’est plus grave que je le pensais… ! observa un peu plus tard Remus, alors que tous trois regagnaient leur dortoir, en attendant qu’il soit l’heure de descendre à la Grande Salle.

 

 - Qu’est-ce qui est plus grave que tu ne le pensais ? intervint alors quelqu’un derrière eux, les faisant sursauter.

 

          - James… ! s’exclamèrent, en chœur, les trois autres, en se tournant vers lui.

 

            - Ben oui, on dirait bien ! » ironisa l’intéressé, avec une moue désabusée.

 

Harry fronça cependant les sourcils en remarquant l’expression embarrassée de l’adolescent.

 

« Alors, est-ce qu’on pourrait savoir ce qui nous a valut un tel branle-bas de combat ? » intervint aussitôt Sirius.

 

                                               James grimaça…

 

         « Allons dans le dortoir… ! » suggéra-t-il, visiblement encore plus mal à l’aise.

 

Tous les quatre se réfugièrent dans leur dortoir et James verrouilla la porte, avant de se tourner vers ses amis.

 

                                  «- Tiens, où est Peter ? s’étonna-t-il.

 

 - Il est partit voir un truc à la Bibliothèque… ! résuma Sirius, visiblement impatient. Alors… ? Qu’est-ce qui… ?

 

 - Ben… ! commença James, en se passant la main sur la nuque. C’est que…, c’est un peu gênant à dire…et…, enfin… !

 

 - Bah, j’suis sûr que ce n’est pas si terrible que ça… ! rétorqua Sirius, amusé. Alors… ? Dis-nous… !

 

                      - Ben… ! Vous promettez que vous ne vous moquerez pas ?

 

 - Mais oui, bien sûr… ! assurèrent les trois autres, la curiosité de Harry commençant à être sérieusement piquée au vif, alors que James s’asseyait sur son lit.

 

                    - Et bien… ! Il va y avoir un heureux événement à Poudlard !

 

 - Quoi ? s’exclama Remus, bouche-bée, exprimant ainsi la stupeur des deux autres. Mais, je croyais que… ! Vous ne vous êtes pas… ?

 

 - Hein ? Ah, mais non, pas Lily, voyons… ! s’exclama James, en rougissant. Non, c’est…Neige… !

 

                           - Neige… ? répétèrent en chœur les trois autres.

 

                - Oui… ! Il semblerait que mademoiselle soit du genre précoce et… !

 

   - Ah bah tiens, qu’est-ce que j’avais dit, dans le Poudlard Express ? fanfaronna Sirius.

 

 - Patmol, ne ramène pas ça sur le tapis, tu veux… ! l’interrompit James, les joues toujours aussi rouges. Enfin bref, Neige va…être…“maman” !

 

 - Et bien… ! intervint Harry, retrouvant enfin l’usage de la parole. Et le…père…, c’est Gaïa… ?

 

 - Autant que je sache, il n’y a que quatre chats, dans l’ensemble de l’école : celui de Rusard, Gaïa, Neige et…McGonagall… ! »

 

                                     Harry réprima un éclat de rire.

 

«- Gaïa est le seul “mâle” du château, et il ne quitte jamais notre dortoir, et encore moins la Tour de Gryffondor… !

 

                - Mais qui te dit que McGonagall est une chatte ? plaisanta Sirius.

 

                     - Si tu écoutais en cours de Métamorphose, tu le saurais… !

 

 - Parce qu’elle dit en cours qu’elle est une chatte ? » insista lourdement Sirius, plus que moqueur.

 

James lui décocha un regard noir qui suffit à lui faire ravaler ses blagues à deux noises, alors que Harry et Remus souriaient.

 

                            «- Et, c’est pour quand ? demanda ce dernier.

 

                                      - D’après Lily, cinq semaines… !

 

 - En tout cas, j’espère pour vous que ce n’est pas un signe du destin ! reprit Sirius. On dit bien tel maître, tel chouette…, mais ça pourrait aussi aller avec les chats, non ?

 

 - Sirius… ! le coupa James. Pas un mot de plus ou je te jure que… je dis tu-sais-quoi dans la Salle Commune… ! » ajouta-t-il avec un sourire ironique.

 

Sirius blêmit aussitôt, sous le regard perplexe de Harry qui ne tarda, d’ailleurs, pas à constater que Remus ne semblait pas en savoir plus que lui au sujet du “tu-sais-quoi”.

 

                       «- Tu n’oserais pas… ?! lâcha Sirius d’un ton incertain.

 

                     - Si tu continue avec tes sous-entendus, si ! assura James.

 

        - Dites, j’y pense, où est Gaïa… ? » demanda soudain Harry, changeant de sujet.

 

Comme pour répondre à sa question, le félin sortit brutalement de dessous le lit de Sirius, et bondit lestement sur celui de son maître…qui l’intercepta au passage.

 

« Toi, j’aurai deux mots à te dire… ! marmonna l’adolescent en levant le chat interloqué jusqu’à son visage, sous le regard des trois autres. Dis donc, ça ne se fait pas de faire…certaines choses avec des demoiselles plus jeunes que toi… ! »

 

                                            Sirius éclata de rire.

 

   « Tu t’imagines vraiment qu’il va comprendre la leçon que tu lui fait ? »  s’étonna-t-il.

 

                                  Mais James continua, imperturbable.

 

« On ne peut vraiment pas te faire confiance, hein ? poursuivit-il, plantant son regard dans celui du félin. On vous laisse seuls cinq minutes et… ! »

 

                       Sirius émit un raclement de gorge assez significatif.

 

        « Patmol…, “tu-sais-quoi”… ! » lâcha James en lui adressant un sourire moqueur.

 

Harry sourit, tout en se demandant ce que pouvait bien être cette fameuse chose qui semblait tenir Sirius en respect. Il continua cependant à observer James faire la morale à son chat qui, au bout d’un moment, donna un léger coup de patte, griffes rétractées visiblement, dans le nez de son maître, provoquant l’hilarité des trois autres.

 

« Décidément, on ne peut pas aborder de sujets sérieux, avec toi ! s’offensa James à l’adresse de son chat qui ronronna. Et c’est impossible de t’en vouloir quand tu fais cette tête là… ! soupira-t-il, alors que l’animal baissait la tête, comme pour s’excuser. De toute façon, j’ai aussi ma part de responsabilité… ! Tu n’es qu’un animal, tu ne fais que suivre ton instinct…, Gaïa… ! ajouta-t-il en caressant doucement le félin, avant de le déposer sur le lit. Bon, et si on descendait à la Grande Salle ? suggéra-t-il, finalement, tout en jetant un bref regard à sa montre. Il est plus que l’heure du dîner… ! »

 

Sur ces paroles, le petit groupe quitta le dortoir, en prenant bien soin de garder le chat tigré dans le dortoir.

 

* * * * *

 

Les Mangemorts observaient, en silence, leur maître. Aucun d’eux n’osait esquisser le moindre mouvement, ne prononcer le moindre mot…, de peur de déplaire à leur maître. Une rangée de silhouettes encapuchonnées et muettes…, des ombres dans l’ombre du Seigneur des Ténèbres. Un sifflement strident retentit dans la pièce pénombrée, alors qu’un long serpent noir dont la peau luisante reflétait la lueur des torches fixées aux murs humides, venait se lover aux pieds des partisans du Seigneur des Ténèbres. Celui-ci semblait s’en donner à cœur joie.

 

« Allez, debout Potter ! intima-t-il, amusé. Ne me dit pas que c’est tout ce dont tu es capable… ! Je m’attendais à mieux que ça du meneur des Aurors du Ministère… ! Je veux un combat digne de ce nom… ! Montre-toi à la hauteur de ta réputation, Potter… ! insista Voldemort, sur un ton plus doucereux, tout en abaissant sa baguette. Meneur des Aurors…, un rôle non-négligeable dans l’échec de la plupart de mes plans… et, pour couronner le tout…, héritier de Godric Gryffondor… ! » ajouta-t-il avec un sourire plus qu’ironique.

 

En face de lui, une silhouette se redressa tant bien que mal, les doigts fermement serrés sur sa baguette, la lueur des torches se reflétant sur ses lunettes et révélant la robe pourpre marquée de l’insigne des Aurors de l’homme qui se tenait face à Voldemort.

 

                    «- Qu’avez-vous fait d’Alan ? demanda sèchement l’Auror.

 

 - Alan ? répéta, d’un ton méprisant, le mage noir. Alan Campbell ? Oh, et bien… on va dire que je l’ai déjà envoyé ad patres… ! ajouta-t-il en éclatant d’un rire glacial. Et tu ne tarderas pas à le rejoindre, Potter, dès que j’en aurai fini avec toi… ! »

 

Il y eut un moment de silence, les deux adversaires se jaugeant mutuellement du regard. Le Seigneur des Ténèbres esquissa un sourire méprisant.

 

« Quand je me serai occupé de toi…, je finirai d’exterminer les Potter…, jusqu’au dernier… ! » reprit Voldemort.

 

                                   Face à lui, Franck resta impassible.

 

«- Potter… ! reprit le mage noir, méprisant, en secouant légèrement la tête. Tu t’inquiètes de l’état de tes coéquipiers…, mais tu ne semble pas te soucier de ta famille… ! Je suis surpris… ! poursuivit-il, calmement. Les rares personnes à qui j’ai fait l’honneur de les tuer moi-même se préoccupaient plus du sort des membres de leur famille que de leur propre vie…, alors que toi… !

 

 - Vous n’êtes pas la personne la mieux placée pour dire ça ! rétorqua Franck, avec son impassibilité familière. Alors que vous avez tué, vous-même, de sang-froid, votre père… !

 

 - C’était un moldu…, un imbécile…, un raté qui a renié ma mère dès qu’il a su qu’elle était une sorcière… ! riposta simplement Voldemort.

 

                                - C’est pathétique… ! » marmonna Franck.

 

Les yeux écarlates de Voldemort brillèrent d’une lueur de mauvaise augure dans la pénombre.

 

«- On verra qui de nous deux est le plus pathétique, Potter… ! riposta le mage noir. Aujourd’hui, c’est toi…, et ton fils connaîtra rapidement le même sort… !

 

 - James est à Poudlard sous l’égide d’Albus Dumbledore…, vous ne pourrez pas l’approcher… ! »

 

   Voldemort éclata d’un rire glacial qui fit frémir, imperceptiblement, les Mangemorts.

 

« J’attendrais le temps qu’il faudra, Potter… ! Mais ton fils ne sera pas toute sa vie à Poudlard… ! Et, crois-moi, lorsqu’il en sortira…, je ne le raterai pas, foi de Lord Voldemort… ! Figure-toi que je le surveille de TRES près… ! conclut-il. Regardes la mort en face, Potter, c’est la dernière chose qu’il te reste à faire…, tu as bien assez abusé de mon temps comme cela… ! Avada Kedavra ! »

 

* * * * *

 

Harry se réveilla d’un bond, une main plaquée sur la bouche, étouffant ainsi un cri horrifié, et crispait l’autre sur son front traversé par une douleur cuisante, à la limite du soutenable.

 

Il tendit l’oreille, guettant le moindre bruit qui pourrait trahir le fait que l’un de ses camarades soit réveillé… ! Mais il n’entendit rien d’autre que les ronflements de Peter et les respirations régulières des autres adolescents, qui semblaient dormir à point fermés… Aucun d’eux n’avait été réveillé par son mauvais rêve.

 

Se décidant à enlever sa main de sa bouche, le souffle court, Harry s’assit sur son lit, tremblant encore, en grimaçant légèrement alors que la brûlure infligée par sa cicatrice se faisait encore plus intense. Respirant calmement, il attendit quelques minutes avant de lâcher son front, perdu dans ses réflexions.

 

Voldemort avait de nouveau fait des siennes…, en tuant Franck Potter ! Et, visiblement, l’autre Auror porté disparu avait connu le même sort… ! Harry fronça les sourcils, s’efforçant de se remémorer les plus petits détails de son mauvais rêve. Curieusement, il restait étrangement insensible au fait que, à l’heure qu’il était, le père de James devait, très certainement, déjà être mort… Mais, ce qui préoccupait surtout l’adolescent, c’était que le Seigneur des Ténèbres semblaient pressé de s’en prendre à James… mais celui-ci ne risquerait rien tant qu’il serait scolarisé à Poudlard…, étant sous la garde de Dumbledore… Visiblement, Franck reconnaissait la réputation du vieux directeur, mais n’acceptait pas ses idéologies… !

 

Mais ça ne changeait rien au fait que Franck Potter, le père tyrannique de James, autrement dit son grand-père…, était mort…, de la main même de Voldemort… ! Et comme James d’ici quelques années… ! A croire que les Potter semblaient être destinés à faire face au mage noir…, au moins une fois dans leur vie…, même si cette rencontre se révélait être la dernière chose qu’ils verraient… !

 

De toute façon, il ne pouvait rien faire concernant ce rêve, à part, peut-être en parler à Dumbledore et son parrain, la prochaine fois qu’il recevrait une lettre de son époque… Même si l’impassibilité qu’il devait conserver vis à vis des évènements actuels l’irritait plus qu’il ne le laissait paraître, l’adolescent savait qu’il se devait de rester sur ses gardes, parfaitement conscient que Voldemort pourrait, désormais, agir n’importe quand…

 

* * * * *

 

L’agitation régnait dans la Salle Commune lorsque Sirius, Remus et Peter quittèrent leur dortoir. Un attroupement s’était, en fait, formé autour du panneau d’affichage qui occupait un coin de la pièce.

 

«- Qu’est-ce qui se passe ? s’étonna Sirius, lorsque Harry, les ayant aperçu, quitta la foule compacte et bruyante, pour les rejoindre.

 

 - Je n’en sais pas plus que toi… ! répliqua-t-il. Et nos Préfets-en-Chef n’en savent pas plus que nous… !

 

 - Tout le monde se calme ! intima Lily, quelque part au beau milieu des élèves, s’efforçant de dominer le brouhaha des discussions. Je suis sûre qu’il n’y a aucune raison de s’énerver comme ça… ! James est partit aux nouvelles…, il ne devrait pas tarder à revenir ! Mais CALMEZ-VOUS ET RESTEZ DANS LA SALLE COMMUNE ! »

 

Les élèves se turent presque aussitôt, pris au dépourvu. Harry, Remus et Sirius en profitèrent pour se frayer un chemin parmi les élèves qui s’étaient remis à discuter, mais de façon bien plus civilisés. Ils rejoignirent ainsi une Lily quelque peu excédée.

 

   «- Ah, vous voilà ! s’exclama-t-elle, soulagée. Vous n’auriez pas vu James par hasard ?

 

                      - Non ! Mais qu’est-ce qui se passe ici… ? s’enquit Sirius.

 

 - Les Profs ont affichés une note comme quoi les élèves devaient rester dans la Salle Commune jusqu’à nouvel ordre…, et qu’un des Préfets ou Préfets-en-Chef de chaque maison était convoqué au bureau de Dumbledore à huit heure… ! Et ça fait une heure que j’essaie de calmer ces énergumènes… ! soupira-t-elle en désignant l’attroupement qui avait commencé à se disloquer. J’aurai été mieux inspirée d’y aller moi, plutôt que d’y envoyer James… ! »

 

Elle eut à peine dit ça que le tableau de la Grosse Dame pivota, devenant ainsi le centre d’intérêt général, tous les regards s’étant, aussitôt tourné dans cette direction. Le Préfet-en-Chef de Gryffondor pénétra rapidement dans la Salle Commune, suivit par McGonagall… Le silence se fit aussitôt dans la pièce.

 

« Je vois que tout le monde est là ! commenta l’enseignante, en jetant un regard aux élèves assemblés là. Je sais que vous devez vous poser bien des questions, mais je laisserai le soin à Mr Potter de vous expliquez les raisons de ces perturbations de dernières minutes… ! Je n’ai malheureusement pas le temps de m’en charger moi-même, mais je vous demanderai d’écouter, calmement et EN SILENCE, ce que vous dira votre Préfet-en-Chef ! Merci… ! »

 

Sur ce, elle quitta la Salle Commune, sous le regard abasourdi des élèves qui se tournèrent aussitôt vers James qui fut rapidement rejoint par Lily et les autres membres de leur petite bande.

 

                          «- Tu en a mis du temps… ! murmura la jeune fille.

 

 - Désolé, j’ai fait ce que j’ai pu… ! répliqua James, avant de se tourner vers les élèves qui recommençaient à s’agiter. Alors…, commença-t-il d’un ton incertain. Bon, ce que je vais dire concerne les élèves qui ont l’autorisation de sortir à Pré-au-Lard… ! »

 

                        Un murmure s’éleva aussitôt parmi la foule compact.

 

« Bien que Dumbledore ait jugé préférable d’annuler les sorties à Pré-au-Lard jusqu’à présent, le directeur vient de nous annoncer, ce matin, son intention de nous y envoyer aujourd’hui… ! Par mesure de sécurité, les professeurs, et les Préfets n’en ont été informé que ce matin, et ont reçus certaines instructions que nous devront tous respecter, afin de permettre le bon déroulement de la sortie… ! Tout d’abord, McGonagall m’a fait vous dire que le petit-déjeuner sera servit, exceptionnellement, dans les Salles Communes et qu’elle viendrait nous chercher en temps voulu… ! »

 

                 Les élèves repartirent aussitôt dans des discussions étouffées.

 

«- Et nous sommes sensés devoir rester là jusqu’à quand ? demanda un élève de cinquième année qui se tenait derrière Remus.

 

 - Le temps qu’il faudra aux professeurs pour faire sortir les Poufsouffle et les Serdaigle puis les Serpentard et nous… ! répliqua calmement James. Par question d’organisation, et toujours de sécurité, les élèves rejoindront Pré-au-Lard, par petits groupes, sous la surveillance des Aurors qui ont été chargés d’établir un périmètre de sécurité autour du village. Voilà, vous en savez autant que moi ! conclut-il. Des questions ? ET PAS TOUS EN MÊME TEMPS ! » s’écria-t-il alors que les élèves s’étaient remis à parler en chœur.

 

          Les Gryffondor se calmèrent et quelques mains se levèrent parmi la foule.

 

«- J’aime mieux ça… ! soupira James, avant de se tourner vers un élève de troisième année.

 

         - Pourquoi les Gryffondor sont-ils les derniers à sortir ? demanda ce dernier.

 

 - Je ne sais pas… ! Les professeurs en ont décidés ainsi, alors nous ne pouvons que suivre ces instructions… ! Et, ah oui, une dernière chose… ! se rappela-t-il, en se tournant vers Harry. Le Directeur me fait te dire que, tu as, bien sûr, l’autorisation d’y aller aussi… ! »

 

* * * * *

 

Les Gryffondor de sixième et septième année et les Serpentard de troisième année étaient à présent rassemblés dans le hall du château, sous la surveillance de McGonagall. Pour l’instant, le départ des autres élèves s’étaient passé sans anicroche et les professeurs semblaient plus détendus. Les Maraudeurs, quand à eux, attendaient paisiblement, parfaitement conscient de la gravité de la situation. Organiser cette sortie n’était pas sans risque, une attaque de Mangemorts n’étant pas exclue. Mais Dumbledore avait, semble-t-il, prit toutes les précautions nécessaires pour assurer cette unique sortie à Pré-au-Lard.

 

Harry remarqua cependant l’air grave qu’affichait les cinq Aurors qui descendirent l’escalier de marbre, en compagnie de Dumbledore. Un murmure s’éleva parmi les élèves qui se tournèrent dans leur direction, mais le silence revint lorsque Dumbledore prit la parole.

 

« Je vous remercie de la patience dont vous avez fait preuve, mais vous allez à présent pouvoir gagner, à votre tour, Pré-au-Lard, sous bonne surveillance… ! Je vous demanderai juste d’être prudents et raisonnables…et d’être tous à l’entrée Nord de Pré-au-Lard pour 18h, heure à laquelle, ces même Aurors vous raccompagnerons jusqu’à Poudlard… ! Merci de votre attention et essayez, tout de même, de bien profiter de cette sortie ! »

 

Harry ne pu s’empêcher de trouver la décision de Dumbledore de mêler des Serpentard aux Gryffondor plus que judicieuse. Jamais Voldemort ne lancerait une attaque au risque de blesser de futurs partisans ou les enfants de ses Mangemorts… ! Cette organisation réduirait les risques d’intervention de ses partisans, du moins, jusqu’à Pré-au-Lard… ! Et le directeur avait également eut le bon sens de ne pas envoyer les Maraudeurs avec les Serpentard de septième année…

 

Jetant un coup d’œil aux Aurors qui étaient chargés de les accompagner, Harry esquissa un léger sourire, en reconnaissant Maugrey parmi eux.

 

* * * * *

 

La journée était déjà bien avancée et s’était déroulée sans encombre, au plus grand soulagement de tous. Enfin, en dehors d’une petite querelle, en début d’après-midi, entre les Maraudeurs et les “Langues de Vipère” (le surnom que les Gryffondor donnaient à Rogue et ses camarades qui étaient passés maître dans l’art de vilipender tout ce qui pouvait l’être.) qui avait rapidement été réglée par l’intervention des Aurors Maugrey et Londubat (Nda : le grand père de Neville) qui s’étaient ensuite attardés un moment auprès du petit groupe de Gryffondor, le temps de leur rappeler à la prudence.

 

Il était près de quatre heures et les Gryffondor de septième année étaient, à présent, installés à une tables aux Trois Balais relativement bondé à cette heure de la journée, les élèves profitant de leurs derniers instants de liberté en commentant leurs achats devant de bonnes Bièraubeurres dont la réputation n’étaient plus à faire.

 

         «- Tiens, où est passé Peter ? s’étonna Remus, prenant conscience de l’absence du quatrième Maraudeur, éveillant ainsi la méfiance de Harry.

 

          - Il m’a dit qu’il devait aller s’acheter un bouquin à la librairie Jétoulu et qu’il nous rejoindrait ici… ! répondit Sirius, en haussant les épaules.

 

 - Ca ne ressemble pas à Peter de partir seul… ! observa Remus, jetant distraitement un regard par la fenêtre.

 

 - Bah, tu sais, il est bizarre depuis les grandes vacances… ! commenta calmement Sirius. Et puis, peut-être qu’il est tombé sur cette fille qui n’arrête pas de lui envoyer des déclarations plus enflammées les unes que les autres… ! » ajouta-t-il en souriant.

 

Amy, Elsa et Remus eurent un léger sourire, puis ce dernier se hâta d’apporter quelques explications devant l’expression surprise de Harry.

 

«- Depuis notre quatrième année, Peter ne cesse de recevoir des lettres plutôt…ardente de Cathy McNeil, une fille de Poufsouffle qui est à présent en quatrième année…, au plus grand dam de Peter… ! Et il n’arrive pas à s’en débarrasser… !

 

 - Il faut dire qu’il n’est pas très persuasif… ! commenta Sirius. Moi, si j’étais lui, je dirais tout simplement à cette fille qu’elle aurait peut-être des chances lorsqu’elle n’aurait plus d’acné… ! »

 

                                     Harry pouffa à cette remarque.

 

                      « - Sirius… ! s’offusqua Amy, assise entre Elsa et Harry.

 

 - Ben quoi, c’est vrai ! protesta Sirius. Peter semble être un aimant à Poufsouffle boutonneuse… ! Mais celle-là, c’est la pire… ! Et elle est maladroite à un point inimaginable… ! Elle a même trouvé le moyen de renverser, une fois, sa potion de Pousse-Furoncle sur Krayak… !

 

                                 - Vraiment ? s’étonna Harry, stupéfait.

 

          - Ouais… ! Et depuis, elle est, aussi, l’une des bêtes noires du professeur… ! Qui se rassemble s’assemble… ! conclut philosophiquement Sirius. Bon, elles arrivent ces Bièraubeurres ? ajouta-t-il avec impatience.

 

          - Laisse leur le temps de passer la commande… ! rétorqua Remus, en jetant un coup d’œil à la foule massée devant le bar. D’ailleurs, c’est leur tour ! »

 

         Harry, suivant du regard la direction que Remus leur indiquait, n’avait eu aucun mal à repérer les deux Préfets-en-Chef, occupés à passer leur commande, main dans la main. Harry sourit en observant le petit couple si contrasté. Les cheveux noirs en bataille de James et ceux auburn lisses et soyeux de Lily dénotaient si bien qu’il était plutôt difficile de les rater.

 

               Harry soupira avec amusement et reporta son attention sur Remus.

 

         «- Tu disais ?

 

          - Je te demandais ce que tu pensais du comportement de Peter… ! »

 

         Harry fronça les sourcils, quelque peu surpris qu’il lui pose une telle question. Il se contenta d’un haussement d’épaules.

 

         «- Vous êtes mieux placés que moi pour ça… ! répondit-il. Je ne le connais pas assez… ! 

 

          - D’ailleurs, je n’ai jamais compris comment il avait fait pour se joindre à vous… ! intervint Elsa. Je veux dire, vous autres, Remus, Sirius, James…, et même Harry, vous êtes plutôt populaires et appréciés de la plupart des élèves et surtout de la gente féminine…, enfin, James moins maintenant qu’il est casé…, mais… ! Enfin, là n’est pas la question… ! Alors que Peter lui… c’est un peu… le looser de l’école… !

 

 - En dehors de ses groupies de Poufsouffle ! précisa Amy.

 

          - Mais là, c’est autre chose ! répliqua Elsa, esquissant un geste dédaigneux de la main. Les Poufsouffle ne sont pas réputés pour leur intelligence et leur bons goûts en matière de garçons… ! Enfin, vous m’excuserez mais… !

 

          - C’est vrai que Peter est plutôt du genre maladroit et pas très doué mais, il est quand même sympa… ! protesta Remus. Et puis, tout le monde a ses qualités et ses défauts… !

 

          - Hum… ! grommela Amy, dubitative. N’empêche… !

 

 - Et sept Bièraubeurres, sept ! l’interrompit la voix joyeuse de James, arrivant à ce moment-là, en posant un plateau chargé de chopes mousseuses sur la table, avant de s’installer à côté de sa petite-amie. Tiens, Peter n’est pas encore revenu ? demanda-t-il, en observant l’absence de son camarade, en déposant une des chopes devant Lily, l’embrassant brièvement au passage.

 

          - Whoa… ! Comment t’as deviné ? » ironisa Sirius, entre deux gorgées de Bièraubeurre.

 

         Harry sourit, tout en prenant une Bièraubeurre que Remus lui tendait alors que James haussait un sourcil au commentaire du Maraudeur. Mais il sembla songer plus raisonnable de ne rien dire, se contentant de passer un bras autour des épaules de Lily.

 

«- En tout cas, je vous propose, même si Sirius a pratiquement déjà engloutit la sienne, d’en profiter pour porter un toast… ! suggéra-t-il finalement.

 

 - Dans ce cas, j’ai tout trouvé en l’honneur de quoi on pourrait le faire… ! intervint Amy, tout en jetant un regard entendu à Elsa, avant de lever sa chope. A notre nouvelle amitié et à James et Lily… ! »

 

Le petit couple rougit légèrement mais se prêta au jeu, alors que les chopes tintaient entre elles.

 

* * * * *

 

Il était un peu plus de cinq heures lorsque le petit groupe se décida à quitter les Trois Balais, Peter les ayant rejoint entre temps. De retour dans la rue principale, les septième années de Gryffondor se séparèrent, alors qu’Elsa et Amy quittaient leurs camarades, pour faire quelques achats de dernières minutes, rapidement imitées par James et Lily qui s’éclipsèrent discrètement, Harry restant avec les trois autres Maraudeurs.

 

«- Au fait, Peter, tu as trouvé le livre que tu cherchais ? s’enquit Remus, au bout d’un moment.

 

 - Non ! répondit l’intéressé. Ils étaient en rupture de stock… ! grommela Peter. Mais j’ai demandé au libraire de m’en mettre un de côté lors de la prochaine livraison… ! »

 

Le petit groupe entreprit donc de vagabonder dans le village qui se vidait petit à petit, avec l’approche de la fin de journée et le départ progressif des élèves.

 

« On ferait bien de remonter… ! commenta Remus, au bout d’un moment, en jetant un regard à sa montre. On a dix minutes pour rejoindre l’entrée Nord… ! »

 

Les quatre garçons s’exécutèrent, faisant demi-tour pour rejoindre le lieu de rendez-vous fixé par Dumbledore. Mais, chemin faisant, un mauvais pressentiment envahit soudain Harry, chassant ainsi sa bonne humeur, le rappelant à la vigilance, même si rien ne laissait voir une quelconque attaque. Après tout, les Aurors étaient là pour assurer la sécurité des élèves et des habitants du village… Mais malgré cette évidence (ayant croisé, durant leur balade à Pré-au-Lard, plusieurs des employés du Ministères), Harry ne parvenait pas à étouffer son inquiétude grandissante. Mais, tant que sa cicatrice ne lui faisait pas mal, il n’y aurait rien à craindre… Sur cette constatation, il s’efforça à suivre la discussion des Maraudeurs.

 

* * * * *

 

Des cris s’élevèrent brutalement dans le village, interrompant brusquement la conversation des quatre garçons, à l’instant même où une vive douleur traversait le front de Harry, le faisant grimacer.

 

«- Oh nom d’une gargouille… ! grogna Sirius. Ca ne me dit rien qui vaille… ! On ferait mieux de ne pas rester dans le coin… !

 

 - Vous croyez que c’est une attaque de Mangemorts ? demanda Harry, tout en jetant un regard en coin, lourd de sous-entendu à l’adresse de Peter.

 

 - C’est possible ! soupira Remus en se tournant vers lui. Dans ce cas les Aurors se chargeront d’eux et… ! Patmol… ! s’exclama-t-il soudain. Où sont passés James et Lily ?

 

 - Ben, ils étaient pas derrière nous ? s’étonna Sirius, en se retournant à son tour. Oh, nom de nom… ! On n’est pas assez bien pour eux, c’est ça ? » râla-t-il.

 

Harry frémit à cette constatation. Il avait été tellement plongé dans ses réflexions qu’il n’avait pas remarqué l’absence du couple…

 

«- Franchement, comme s’ils ne pouvaient pas trouver un autre moment pour partir en vadrouille, ces deux-là ? marmonna Sirius, l’air soucieux.

 

 - Mais ils ne sont pas idiots… ! répliqua Peter. Ils feront demi-tour en cas de besoin… ! Et puis, ils savent qu’on doit être à l’entrée Nord à 18h…, ils doivent déjà être en chemin… ! »

 

Harry réprima une soudaine envie d’étrangler cet hypocrite… Peter devait être au courant des projets de Voldemort…, ce qui justifiait son absence de la veille et son “passage à la librairie”… ! »

 

Un groupe d’Aurors les croisa, l’air pressé, venant confirmer les craintes de Harry. Les Mangemorts avaient, visiblement, réussit à tromper la vigilance des Aurors qui, pendant ce temps, s’occupaient du retour des élèves vers Poudlard.

 

« Retournez à l’entrée Nord, vite ! leur intima l’un des sorciers en passant à leur hauteur. Londubat, accompagnez-les là-bas ! » ajouta-t-il à l’un de ses coéquipiers, en constatant que les quatre adolescents ne bougeaient pas.

 

Ernest Londubat se détacha du petit groupe et s’avança vers les adolescents, l’air soucieux.

 

                              «- Allez, venez ! leur lança-t-il calmement.

 

    - Mr Londubat, c’est une attaque de Mangemorts ? s’enquit Sirius, en suivant l’Auror.

 

 - Oui… ! On nous a signalé un petit détachement à l’est de la ville… ! concéda à avouer le sorcier. Mais ils ne sont peut-être là qu’en éclaireur et… ! Dites-moi, vous n’êtes pas les amis de James Potter ?

 

       - Euh si, mais on ne sait pas où il est passé… ! » répliqua Remus, l’air mal à l’aise.

 

                                        Harry vit l’Auror grimacer.

 

« Il ne manquait plus que ça… ! » murmura le sorcier, plus pour lui-même qu’autre chose, même si Harry, qui se tenait à sa hauteur, avait pu entendre ce qu’il disait.

 

La cicatrice brûla soudain un peu plus et Harry eut toutes les peines du monde à rester impassible. Il allait demander quelque chose à l’Auror qui les accompagnait mais ils atteignirent au même instant l’entrée Nord, où les professeurs et quelques Aurors s’efforçaient de rassembler et calmer les élèves effrayés qui se trouvaient là.

 

«- Bien, je vous laisse là ! Ne vous attardez pas ici, tous les quatre… ! leur intima l’Auror, avant de transplaner.

 

 - Franchement, j’ai hâte de savoir faire ça… ! » commenta Sirius, d’un ton qui se voulait le plus léger possible, alors qu’ils s’avançaient vers le groupe d’élèves.

 

Ils tressaillirent lorsqu’une violente explosion retentit dans le bas du village, arrachant des cris effrayés aux élèves. Une vive douleur barra soudain le torse de Harry qui mit un peu de temps à en trouver l’origine… sa médaille… Celle-ci, sous son uniforme, s’était mise à luire et lui brûlait allègrement la peau… D’abord interloqué, Harry n’eut plus aucun doute sur ce qui se passait… Cela, combiné à la douleur infligée par sa cicatrice ne voulait dire qu’une chose… James était en danger… Les Mangemorts étaient là pour celui qu’ils pensaient être le dernier héritier de Gryffondor…

 

«- James n’y sera pas… ! s’exclama soudain Harry, faisant tressaillir les trois autres. Ni James ni Lily ne sont avec les professeurs… ! Ils sont encore dans le village… !

 

 - Qu’est-ce qui te fait croire que… ? commença Peter. On ne peut pas savoir, vu d’ici, s’ils sont, oui ou non, avec les professeurs !

 

         - Je ne sais pas comment vous expliquer mais… ! » riposta Harry, mal à l’aise.

 

          Ce fut la voix, inquiète, de McGonagall lui apporta une réponse inespérée.

 

«- Quelqu’un sait où sont passé les Maraudeurs, Calaway et Evans ? l’entendirent-ils crier.

 

                  - Bon, je crois que nous avons notre réponse… ! soupira Remus.

 

                    - On doit le chercher… ! décida Sirius, jusque là silencieux.

 

 - Ce n’est pas prudent, Patmol… ! On ne pourrait rien faire contre d’éventuels Mangemorts… ! James et Lily sont peut-être en route… !

 

 - J’ai vraiment un mauvais pressentiment, Lunard ! le coupa Sirius, mal à l’aise. Vous faites ce que vous voulez, mais moi je vais essayer de le retrouver… !

 

                             - Je viens avec toi… ! déclara aussitôt Harry.

 

 - Je vous accompagne ! renchérit Remus, finalement. Cette histoire ne me plaît pas non plus… !

 

                               - Je…je vous suit ! acheva Peter, hésitant.

 

 - Non, Peter ! rétorqua Sirius. Je pense qu’il serait préférable que tu restes, pour donner le change à McGonagall… ! »

 

Peter sembla hésiter, voulu dire quelque chose mais finit par se raviser et acquiesça d’un signe de tête.

 

Et c’est ainsi que, prenant soin de ne pas se faire repérer par les professeurs, Harry, Remus et Sirius repartirent vers le bas du village.

 

* * * * *

 

Et effectivement, à l’autre bout du village, le petit couple vadrouillait, en toute insouciance. Cette partie de Pré-au-Lard était bien plus calme que le reste du village et tous deux en profitaient avec plaisir, n’étant, enfin, que tous les deux, discutant de tout et de rien.

 

«- Au fait, Lily, qu’est-ce que tu comptes faire des petits de Neige…, quand ils seront nés, bien sûr ?

 

     - J’essayerai de les caser chez des amis, d’autres élèves…, je ne sais pas encore… ! »

 

                                           Elle eut un léger rire.

 

                      «- J’ai du te paraître hystérique, hier ! commenta-t-elle.

 

                              - Pas tant que ça…, j’ai juste été surpris… ! »

 

                         Elle sourit et remit une mèche derrière son oreille.

 

«- Si je me met dans un état pareil pour le fait que ma chatte attende des petits je préfère ne pas essayer d’imaginer ce que ça sera quand il sera question d’avoir des enfants… !

 

 - Tu ne vas pas un peu vite en besogne, là, Lily… ? plaisanta James. Tu as encore le temps de voir venir, avant de fonder une famille, avoir des enfants… !

 

 - Je sais bien… ! Mais, depuis quelques temps… ! commença-t-elle avant d’hésiter. Je ne sais pas…, ça peut peut-être te paraître stupide mais…, depuis quelques temps, j’ai l’impression de courir après le temps qui passe, de ne pas être maîtresse de mon destin…, que tout est déjà écrit…, déjà joué… !

 

 - Il est inutile de se poser des questions, de se demander de quoi demain sera fait… ! observa James. Ma mère m’a toujours dit d’écouter mon cœur plutôt que ma logique… ! Cela ne sert à rien de se préoccuper de l’avenir, du passé… ! Tout ce qui compte, c’est l’instant présent… ! Chaque geste que nous faisons construit l’avenir…, on ne peut qu’attendre de voir ce que ça donnera… ! Regarde, c’est comme dans Roméo et Juliette… ! »

 

                                             Lily éclata de rire.

 

     «- Je commence à regretter de t’avoir fait lire ce bouquin ! observa-t-elle, amusée.

 

 - Nous n’en serions peut-être pas là si tu ne l’avais pas fait… ! répliqua James sur le même ton. Quoiqu’il en soit, ils n’ont fait que suivre ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre, ce que leur dictait leur cœur… ! Ils ne se sont pas interrogés pour savoir comment serait leur avenir, ils ne se sont pas posés de question sur les raisons qui les poussaient l’un vers l’autre… !

 

                          - Mais ils sont morts… ! observa Lily, en s’arrêtant.

 

 - Bon, alors, si tu préfère, prenons notre cas… ! A Halloween, quand je t’ai avoué mes sentiments, je ne me suis pas posé de questions sur ce que pourrait en dire mon père… ! Je n’ai fait que ce que mes sentiments me dictaient… ! Je t’aimais, et c’était tout ce qui comptait… ! Et je t’aime et t’aimerais toujours autant, quoi qu’il advienne…, c’est tout ce que je sais… ! » ajouta-t-il en lui faisant face, plantant son regard dans le sien.

 

                                                  Lily sourit.

 

                               «- Prouve-le moi, alors ! le taquina-t-elle.

 

 - Tu l’auras voulu ! » répliqua-t-il, avant de se pencher légèrement vers elle pour prendre possession de ses lèvres.

 

Plongé dans ses occupations du moment, James prêta à peine attention à l’échauffement de sa médaille contre sa peau. Mais ils revinrent violemment à la réalité lorsqu’une bâtisse explosa en contrebas de la rue qu’ils suivaient. Lily laissa échapper un cri effaré alors qu’ils s’écartaient précipitamment, tout en serrant la main de son petit-ami.

 

                              «- James, qu’est-ce qui… ? s’inquiéta-t-elle.

 

 - Allons-nous en d’ici ! » souffla-t-il, resserrant sa prise sur la main de la jeune fille, en faisant demi-tour.

 

Passé le premier moment de surprise, James réagissait… Les Mangemorts étaient de sortie, cela n’en faisait aucun doute… et, dans ce cas, il valait mieux ne pas rester là et laisser faire leur travail aux Aurors. D’ailleurs, pourquoi les sorciers du Ministères ne semblaient donner aucun signe de vie ? Comment les partisans de Voldemort s’étaient-ils glissé au travers du paramètre de sécurité mis en place par les Aurors… ?

 

Courant le long de la rue déserte, Lily à sa suite, James jeta machinalement un regard à sa montre.

 

« Lily, il est presque dix-huit heures… ! s’exclama-t-il. On devrait déjà être à l’entrée Nord… ! »

 

Cette constatation suffit à les motiver à quitter au plus vite cet endroit. Tous deux courraient droit devant eux, serrant instinctivement la main de l’autre…, Lily trébucha brutalement et, tomba, lâchant, sous la surprise, sa prise sur la main de son petit-ami.

 

      «- LILY ! hurla ce dernier, faisant aussitôt demi-tour pour retourner la chercher.

 

            - James…, non ! Va-t’en ! cria-t-elle en retour. C’est toi qu’ils veulent… ! »

 

L’espace d’une fraction de seconde, le Maraudeur se demanda comment elle pouvait en être aussi sûre.

 

«- Pas sans toi… ! riposta-t-il en l’attrapant par les bras pour la remettre debout. Partons ! souffla-t-il alors en repartant. Et cette fois, je ne te lâcherai plus tant qu’on ne sera pas sortit de ce guêpier… !

 

                                   - James…, pourquoi les Aurors ne… ?

 

 - Ils ont dû avoir des problèmes…, ou alors ils s’occupaient de ramener les autres à Poudlard… ! Mais ma mère avait raison…, il y a bien un traître dans l’école !

 

      - Un traître ? Dans l’école… ? s’étonna Lily, cramponnée à la main de l’adolescent.

 

             - Oui… ! Mais je t’en parlerai plus en détail…, quand on sera à l’abri… ! »

 

Une brûlure sur sa peau réveilla alors en lui un curieux sentiment… Un souvenir qui remontait au jour de son quinzième anniversaire…, le jour où il avait reçu sa médaille, lui revint à l’esprit. La seule fois où il avait eut une conversation civilisée avec son père…, probablement dû à la présence de son grand-père, trois mois avant que celui-ci ne soit, d’ailleurs, assassiné par Voldemort…

 

* * * * *

 

                                                 <Flash-back>

 

James entra, d’un pas incertain, dans le bureau paternel mais se détendit en apercevant son grand-père, immobile près du feu, au côté de son père. Harold Potter était un homme simple, calme, attentif et tolérant…, contrairement à son fils, Franck… ! James avait toujours beaucoup aimé son grand-père, même s’il n’avait jamais pu le voir aussi souvent qu’il l’aurait voulu.

 

« Assis-toi, James ! suggéra Harold en souriant. Ton père voudrait te parler de quelque chose de…capital… ! »

 

       L’adolescent obtempéra et soutint le regard de Franck durant quelques minutes.

 

                              « Franck… ! » intervint simplement Harold.

 

                             L’intéressé acquiesça et s’éclaircit la gorge.

 

« Bien…James, comme tu as eu quinze ans aujourd’hui…, il est temps pour toi d’être initié à la tradition familiale… Tu dois accéder à la succession de l’héritage de Godric Gryffondor…, un lointain ancêtre de notre famille… ! Et tu as enfin l’âge de perpétrer cette tradition… ! »

 

Franck échangea un regard avec son père qui acquiesça d’un signe de tête. Franck soupira mais se leva et contourna son bureau en enlevant la chaînette qu’il portait autour du cou et que James avait déjà eu l’occasion d’apercevoir. James se leva à son tour…

 

«- Ceci, James, est un secret familial…, la médaille de Gryffondor, qui se transmet de père en fils depuis Godric Gryffondor lui-même…, au quinzième anniversaire, ou durant la quinzième année, au pire… ! Et c’est pourquoi tu en es, désormais, le nouveau détenteur…, jusqu’à ce que ton fils…

 

                                     - Ou ta fill.e.. ! intervint Harold.

 

 - Ne soit en âge de recevoir, à son tour, la médaille… ! » conclut Franck en jetant un regard désapprobateur à son père.

 

Sur ces mots, il donna la chaîne à James qui observa la médaille, rouge et or, qui représentait un lion altier et portant l’inscription “G.G”, qui y était fixée.

 

         « En aucun cas, James, du moins jusqu’à ce que le temps de la transmettre ne soit venu, tu ne dois t’en séparer, ou en parler à qui que ce soit… ! Cette médaille est le secret des Gryffondor…, mais aussi, par conséquent, le secret des Potter… ! Elle constitue la clé du triomphe du Bien sur le Mal… ! De plus, elle joue plusieurs rôles essentiels, d’où l’intérêt de cacher son existence ! Elle est, notamment, à la fois protectrice, régulatrice et multiplicatrice des pouvoirs de son propriétaire… ! expliqua Franck, avec son impassibilité familière. En règle général, cette médaille canalise les pouvoirs de son détenteur, jusqu’à sa majorité. A partir de là, il est alors préparé, physiquement et psychologiquement, pour tirer le maximum de ses pouvoirs… ! Mais, en cas de danger imminent, la médaille s’échauffera, en mise en garde… ! »

 

* * * * *

 

                                            Une mise en garde

 

               Ces paroles résonnèrent dans son esprit, comme un signal d’alarme.

 

                       « LILY… ! AU SOL ! » hurla-t-il, en la projetant au sol.

 

Une explosion d’une violence inouïe retentit à l’endroit où ils tenaient une seconde plus tôt. James, couvrant la jeune fille de son corps, sentit le souffle de la détonation, alors que des débris de pierres retombaient durement sur le sol… : un mur avait été réduit en morceau.

 

Il passa la main dans les cheveux auburn de la jeune fille en la sentant trembler sous lui, tout en la maintenant au sol comme il pouvait. S’étant assuré, au bout de quelques minutes qu’ils ne risquaient plus de se prendre quoi que ce soit sur la tête, il se releva et aida son amie à se relever.

 

          « Je te demande pardon, Lily… ! » murmura-t-il, en l’étreignant brièvement.

 

Ils prirent alors conscience qu’ils n’étaient plus seuls… Les deux adolescents étaient, à présent, coincés entre un mur et un troupeau de Mangemorts.

 

* * * * *

 

         Les trois garçons courraient à perdre haleine à travers la rue déserte, lorsque Remus attira brutalement ses deux camarades derrière une maison et plaqua la main sur la bouche de Sirius qui protestait contre ce geste soudain, et fit signe à Harry de se taire, en désignant la route sur laquelle ils se tenaient un peu plus tôt. Harry suivit son regard juste à temps pour voir passer une dizaine de silhouettes encagoulées et vêtues de noir qui passèrent précipitamment devant leur cachette, en échangeant quelques paroles.

 

         « Il ne doit surtout pas nous échapper cette fois !

 

          - Aucun risque… ! Les autres les encerclent déjà, la Sang-de-Bourbe qui l’accompagne et lui !

 

          - Le Maître va être content cette… ! »

 

         Les voix s’estompèrent alors que les Mangemorts s’éloignaient. Les trois adolescents restèrent, cependant, silencieux durant quelques longues minutes, les sens en alerte. Finalement, Remus relâcha Sirius, indiquant ainsi à ses amis que le menace était passée.

 

         « Ils en ont après James, c’est ça… ? commenta Sirius.

 

          - J’en ai bien l’impression… ! soupira Remus. Non seulement il est le fils d’un des meilleurs Aurors de Grande-Bretagne mais en plus il est un héritier de Gryffondor…, il ne peut qu’intéresser Voldemort… !

 

          - Et puis, James et Lily étaient les seuls à manquer à l’appel… ! renchérit Harry. On doit les aider… !

 

          - Je veux bien moi, mais comment ? Là, on va avoir affaire à des dizaines de Mangemorts… ! répliqua Sirius. Ca n’a rien à voir avec les simulations que nous faisons en Défense Contre les Forces du Mal… ! Mais on ne peut pas laisser Jamsie et Lily aux prises de ces andouilles masquées… !

 

          - Je te reconnais bien là, Patmol ! commenta Remus, en souriant. Je trouvais ton petit discours bien trop sérieux, aussi… !

 

          - Sortons de là et essayons de les retrouver… ! » intervint Harry songeur, tout en serrant un peu plus les doigts sur sa baguette et s’efforçant d’ignorer la douleur lancinante qui continuait à lui parcourir le front.

 

         Les trois adolescents s’exécutèrent et se glissèrent dans la rue déserte, après s’être assurés que la voie était définitivement libre. Suivant la direction prise par les Mangemorts, ils descendirent la rue, mais se figèrent, dans l’ombre d’une maison en déboulant sur une place envahie par les partisans de Voldemort.

 

         « Regardez ! » souffla inutilement Sirius, en désignant le centre d’intérêt des silhouettes encagoulées.

 

         Les deux autres suivirent la direction qu’il indiquait et le cœur de Harry fit un bond dans sa poitrine… Ils avaient retrouvés James et Lily…, mais en bien mauvaise posture… ! Les deux Gryffondor étaient acculés contre le mur d’une des maisons en contrebas. James qui semblait avoir perdu sa baguette, s’interposait entre sa petite-amie et les Mangemorts, l’air déterminé.

 

         «- Ils sont mal ! marmonna Sirius. Il faut qu’on fasse quelque chose et vite… !

 

          - Oui…, mais quoi ? Contre quelques Mangemorts, on aurait pu faire quelque chose…, mais pas une vingtaine… !

 

          - Ne vous inquiétez pas au sujet des Mangemorts… ! répliqua Harry. On peut les avoir, en comptant sur l’effet de surprise… !

 

          - Tu crois ? rétorqua Sirius, l’air sceptique.

 

          - On n’a pas le temps de discuter et c’est la seule chose qui me vienne à l’esprit… ! cingla Harry. Donc, à moins que tu aies une autre proposition… !

 

          - Bon, vous deux, ce n’est pas le moment de vous chamailler… ! intervint Remus. On va tenter l’effet de surprise et après… on improvisera… !

 

          - Attendez, j’ai une idée… ! le coupa soudain Harry. Je vais faire diversion en les prenant par surprise…, et vous, vous en profiterez pour tirer James et Lily de Là… ! »

 

         Sirius allait, une fois de plus protester, mais Remus lui plaqua, une fois de plus, la main sur la bouche et se tourna vers Harry, les sourcils froncés. Mais celui-ci, ayant aussitôt pris sa forme d’Animagus, s’avançait déjà sur la place, hors de vue des Mangemorts.

 

* * * * *

 

Harry, grâce à l’habilité de son félin, parvint à grimper sur le toit d’une maison voisine puis, passant de toit en toit, il atteignit la bâtisse qui surplombait le cercle des Mangemorts. De là où il était, il aperçut Sirius et Remus alors qu’ils se glissaient à l’angle du mur, hors de vue des Mangemorts qui, trop absorbés à narguer leurs prises, ne surveillaient guère leurs arrières, près de l’endroit où se trouvaient James et Lily.

 

Harry évalua la situation du regard. Il allait devoir être rapide… TRES rapide… ! Il inspira profondément et se déplaça discrètement, avant de sauter dans le vide, pattes tendues, griffes sorties…

 

Tout se passa alors très vite. La panthère se réceptionna sur deux des plus proches Mangemorts qui s’effondrèrent sous le choc, prenant ainsi par surprise les autres partisans de Voldemort et faisant sursauter les deux adolescents. Profitant de l’occasion, Harry reprit aussitôt sa forme d’emprunt, sa baguette à la main.

 

« Stupéfix ! » lança-t-il dans la foulée touchant cinq des mages noirs abasourdis, alors que, du coin de l’œil, il avait le temps d’apercevoir Remus et Sirius attraper Lily, qui était la plus proche d’eux, par les bras.

 

         Mais les Mangemorts s’étaient ressaisis et ne laissèrent pas le temps à Harry de repasser à l’attaque. Il eut juste le temps d’entendre un sortilège qu’il ne connaissait pas…, avant de perdre connaissance…

 

 

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